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IA générative en classe : que dit exactement le guide officiel du Québec pour le personnel enseignant ?

IA générative en classe : que dit exactement le guide officiel du Québec pour le personnel enseignant ?

IA générative en classe : que dit exactement le guide officiel du Québec pour le personnel enseignant ?

En bref

Selon le guide du MEQ (2026), l'IA générative s'utilise si et seulement si elle est pédagogiquement pertinente, éthiquement responsable et légalement conforme. Aucune donnée personnelle ne doit être partagée, les productions doivent être validées, et le jugement professionnel demeure central, notamment en évaluation.

  • Trois critères directeurs guident tout usage : pertinence pédagogique, principes éthiques et obligations légales (selon le guide).
  • Aucune information sensible ni renseignement personnel ne doit être transmis à un système d'IAG, à considérer comme public (selon le guide).
  • L'évaluation reste une responsabilité humaine : l'IAG ne remplace jamais le jugement professionnel (selon le guide).
  • Privilégier sobriété numérique, transparence, équité et agentivité, et valider la qualité des réponses (selon le guide).

Mis à jour le 2026-08-21

Sommaire

Imaginez une réunion d'équipe-école un lundi matin à la salle des profs : les copies s'empilent, la sonnerie approche, et l'on se demande comment gagner du temps sans perdre la maîtrise pédagogique. L'IA générative ressemble à un nouvel outil dans l'armoire : puissant, utile, mais à sortir avec méthode, prudence et règles claires.

Qui a rédigé le guide et pourquoi ce document compte-t-il pour votre pratique ?

Le ministère de l'Éducation du Québec a publié en 2026 le guide « L'utilisation pédagogique, éthique et légale de l'intelligence artificielle générative : guide destiné au personnel enseignant », avec des contributions de l'Obvia et du GRIIPTIC, en mise à jour d'une version de 2024 (selon le guide). Son objectif est d'accompagner l'intégration de l'IAG en classe.

Le guide précise que la sélection des outils autorisés « relève de chaque organisme scolaire » et ne nomme aucun outil précis (selon le guide). Avant d'aborder l'IAG avec les élèves, le guide recommande de le faire « en concertation avec l'équipe-école » et vérifier que le système choisi est autorisé par l'organisme scolaire (selon le guide). Ce cadre vise à assurer cohérence et conformité.

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Dans l'ensemble, le document articule trois critères directeurs indissociables : pertinence pédagogique, principes éthiques et obligations légales (selon le guide). Il met l'accent sur une démarche structurée et sur la centralité du jugement professionnel du personnel enseignant, en particulier lors des évaluations (selon le guide).

📊À retenir

Le guide s'articule autour de 3 critères directeurs et de 5 principes éthiques, et rappelle « certaines obligations légales », notamment la sécurité de l'information, la protection des renseignements personnels et les droits d'auteur (selon le guide). Cette simplicité de repères aide à décider quand et comment utiliser l'outil sans compromettre l'équité, la sécurité et la qualité pédagogique.

C'est quoi l'IAG, concrètement, et pourquoi parle-t-on de « confabulations » ?

Le guide s'appuie sur la définition de l'Office québécois de la langue française : l'IAG y est définie comme un « domaine d'étude ayant pour objet l'imitation des facultés cognitives de l'intelligence humaine dans le but de créer des systèmes ou des machines capables d'exécuter des fonctions relevant normalement de celle-ci, ou de les surpasser » (OQLF, citée par le guide). Elle n'est pas une personne, ni un auteur, ni un moteur de recherche (selon le guide).

Selon l'Obvia, cité par le guide, une « confabulation » ou « hallucination » est « un résultat généré par un système d'IA qui s'avère faux ou trompeur, mais qui est présenté comme un fait ». La qualité des réponses n'est pas garantie et doit être validée avec un esprit critique (selon le guide).

La grille de littératie de l'IAG proposée par le guide s'organise autour de quatre verbes pour l'enseignant et l'élève : Comprendre, Utiliser, Analyser, Créer. Elle incite à démystifier le fonctionnement, à encadrer les usages, à vérifier et à produire de façon responsable (selon le guide).

🧑‍🏫Définition

« Intelligence artificielle générative » (IAG) : un domaine d'étude qui vise à imiter les facultés cognitives humaines pour exécuter, voire surpasser, des fonctions qui en relèvent normalement (définition de l'OQLF que le guide retient). « Confabulation » : résultat faux ou trompeur présenté comme un fait (Obvia, cité par le guide).

Quels usages privilégier (et lesquels éviter) selon le guide ?

Usages recommandés et usages à proscrire en contexte scolaire
Usages à privilégier (selon le guide)Usages à éviter (selon le guide)
Remue-méninges pour générer des idées ou des pistes d'activitésConfier la totalité d'un travail noté à l'IAG ou la laisser remplacer l'apprentissage
Reformuler ou simplifier un texte pour aider à la compréhensionPrésenter l'IAG comme une source faisant autorité ou un moteur de recherche
Vulgariser une notion, créer des exemples et contre-exemplesPublier ou soumettre des réponses de l'IAG sans validation de qualité
Préparer du matériel et différencier pour des élèves à besoins particuliersTransmettre des renseignements personnels ou des informations sensibles
Offrir un tutorat adaptatif sous supervision et avec validationRemplacer le jugement professionnel, notamment en évaluation
Appuyer le développement professionnel et l'auto-formationImporter des œuvres protégées sans droit ni consentement
Utiliser des modèles plus petits pour limiter l'empreinte écologiqueMultiplier les requêtes sans nécessité, au détriment de la sobriété numérique

Comment le guide vous propose-t-il d'agir : avant, pendant et après ?

Avant l'utilisation, le guide recommande la concertation avec l'équipe-école, la vérification que l'outil est autorisé par l'organisme scolaire, et l'alignement avec l'intention pédagogique et d'évaluation. C'est aussi le moment d'enseigner les règles d'usage et la littératie de l'IAG (selon le guide).

Pendant l'activité, on balise : consignes explicites, tâches authentiques, supervision, limites claires (pas de données personnelles), et vérification en continu. Le guide souligne que l'IAG ne constitue pas un moteur de recherche et que ses réponses doivent être interrogées, croisées et justifiées (selon le guide).

Après l'activité, on valide la qualité, on discute des confabulations rencontrées, on explicite le rôle de l'IAG et on ajuste la démarche. Cette rétroaction consolide les compétences « Comprendre, Utiliser, Analyser, Créer » de la grille de littératie de l'IAG (selon le guide).

💡Conseil

Annoncez toujours la place exacte de l'IAG dans une tâche : « soutien à la reformulation », « générateur d'exemples », etc. Demandez aux élèves d'expliquer comment l'IAG a été utilisée et quelles vérifications ont été faites (selon le guide).

Quels sont les principaux pièges à éviter : confabulations, biais, sobriété et dépendance ?

Le premier piège est la qualité : « la qualité des réponses générées par l'IAG n'est pas garantie et nécessite d'être validée » (selon le guide). L'Obvia, cité par le guide, rappelle le risque de confabulations, c'est-à-dire des énoncés faux présentés comme des faits, surtout quand la requête manque de contexte.

Le second piège tient aux biais et à l'équité : des données d'entraînement peuvent sous-représenter des communautés autochtones ou des minorités linguistiques, et véhiculer des stéréotypes, par exemple sur les rôles hommes/femmes (selon le guide, citant l'UNESCO). L'enseignant doit enseigner la détection des biais et diversifier les sources.

Troisième écueil : la sobriété numérique. Le guide recommande de privilégier des outils non IAG si suffisants, de limiter le nombre de requêtes et, au besoin, de recourir à des modèles plus petits à empreinte écologique moindre. C'est un critère de choix et d'usage responsable (selon le guide).

Enfin, la dépendance technologique guette : l'agentivité doit rester du côté humain. Le guide insiste pour éviter d'anthropomorphiser l'IAG et rappelle que le jugement humain demeure central dans les décisions pédagogiques et professionnelles (selon le guide).

⚠️Mise en garde

« Il ne faut pas fournir d'information sensible ou confidentielle ni de renseignements personnels à un système d'IAG » et « l'information transmise doit être considérée comme publique » (selon le guide). Le guide précise que, en l'absence d'une connaissance approfondie des conditions d'utilisation, l'information transmise doit être considérée comme publique, et qu'un usage nécessaire d'information sensible doit d'abord être analysé et approuvé par le répondant de la sécurité de l'information de l'organisme.

Le guide interdit d'entrer des renseignements personnels dans un système d'IAG, rappelant de traiter toute information transmise comme publique. Pour les écoles publiques, centres de services scolaires et cégeps, la loi applicable aux renseignements personnels est la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (RLRQ, chapitre A-2.1).

Ce que l'on appelle couramment la « Loi 25 » n'est pas un régime distinct : c'est la réforme de 2021 qui a modernisé cette loi (A-2.1, pour le secteur public) et son équivalente du secteur privé (P-39.1). Le texte de la loi A-2.1 est consolidé sur LégisQuébec. Le guide cite par son nom complet la loi A-2.1 et rappelle la vigilance requise avant d'utiliser un système d'IAG avec des élèves et des données scolaires.

La sécurité de l'information s'inscrit dans la Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics (RLRQ, chapitre G-1.03), citée par le guide. Celui-ci ajoute qu'il faut d'abord vérifier que l'outil d'IAG est autorisé par l'organisme scolaire et agir en concertation avec l'équipe-école (selon le guide).

Quels sont les repères en droit d'auteur et à qui appartient le travail de l'élève ?

Le guide reconnaît d'emblée que « des flous persistent » en matière de droits d'auteur avec l'IAG, tout en soulignant que « les mêmes règles de droits d'auteur s'appliquent ». En pratique, saisir une œuvre protégée dans une IA peut constituer une reproduction non autorisée si vous n'en détenez pas les droits (Loi sur le droit d'auteur du Canada). Le guide rappelle aussi que « la propriété intellectuelle d'un travail appartient à son auteur », c'est-à-dire à l'élève.

Concrètement, les travaux d'élèves envoyés à une IAG ne doivent contenir aucun renseignement personnel (selon le guide). En cas d'usage de l'IAG pour bonifier un brouillon, l'élève demeure titulaire du droit d'auteur sur son travail et doit, au besoin, mentionner l'appui technologique conformément aux règles de transparence du guide.

Cette prudence vaut aussi pour le personnel enseignant lorsqu'il prépare du matériel : éviter d'importer des œuvres protégées sans autorisation dans l'IAG, et préférer des contenus libres de droits ou pour lesquels l'établissement dispose d'une licence adéquate, conformément aux principes de la Loi sur le droit d'auteur.

Quels principes éthiques appliquer : transparence, équité, explicabilité et jugement professionnel ?

Le guide énonce cinq principes éthiques : sobriété numérique, qualité, équité et inclusion, transparence et explicabilité, et agentivité (selon le guide). La transparence implique d'indiquer l'usage, par exemple « Image générée par le système d'IAG X », et de rappeler que l'IAG « ne constitue pas un auteur en soi » (selon le guide).

L'équité appelle à anticiper et corriger les biais et à éviter que l'IAG ne renforce des inégalités de représentation, le guide citant l'UNESCO sur la sous-représentation de certains groupes dans les données d'entraînement. L'explicabilité de l'IAG est « relativement limitée » selon le guide : il est difficile de savoir comment et avec quelles données un contenu a été généré, à moins d'en exiger les sources pour les valider.

Surtout, « le jugement humain doit demeurer central dans les décisions pédagogiques et professionnelles » (agentivité), et « en évaluation, l'IAG ne doit en aucun cas remplacer [le] jugement professionnel » (selon le guide). Éviter d'anthropomorphiser l'IAG protège l'autonomie et la responsabilité pédagogiques.

🧑‍🏫Définition

Agentivité : « la capacité à avoir le contrôle de ses décisions et de ses actions, basées sur ses propres intentions » (Obvia, cité par le guide). C'est le principe qui maintient l'enseignant et l'élève aux commandes, pas l'outil.

Par où commencer concrètement, sans se brûler les ailes ?

Étape 1 : Se coordonner. Discutez avec l'équipe-école des objectifs, des balises et des outils autorisés, conformément au fait que la sélection relève de l'organisme scolaire (selon le guide). Identifiez une seule activité pilote alignée avec votre intention pédagogique, sans enjeu d'évaluation sommative.

Étape 2 : Cadrez l'usage. Énoncez la règle forte : aucune donnée personnelle, information considérée publique (selon le guide). Indiquez la place précise de l'IAG (remue-méninges, reformulation, vulgarisation) et la méthode de validation attendue (sources croisées, exemples contre-exemples, justification des choix).

Étape 3 : Concevez des tâches robustes. Alignez l'IAG sur la compétence évaluée, pas l'inverse. Dans le milieu éducatif québécois (par exemple les contenus d'École branchée et du RÉCIT), les détecteurs de plagiat sont jugés peu fiables ; mieux vaut demander d'expliquer, critiquer ou améliorer une réponse d'IA, et d'expliciter le processus plutôt que de traquer des traces incertaines.

Étape 4 : Enseignez la littératie de l'IAG. Faites pratiquer « Comprendre, Utiliser, Analyser, Créer » (selon le guide). Demandez aux élèves de consigner comment l'IAG a été utilisée et validée, et d'indiquer clairement tout apport technologique, dans un souci de transparence.

Étape 5 : Évaluez et ajustez. Recueillez les difficultés (fiabilité, biais, charge de travail, besoin de formation) et procédez par itérations. Une pratique largement partagée dans le milieu consiste à aligner l'usage de l'IA sur l'intention d'évaluation, en privilégiant la démonstration de la compréhension et le transfert plutôt que la simple production.

💡Conseil

Prévoyez une « fiche d'utilisation de l'IAG » jointe au travail : finalité visée, prompts clés, vérifications effectuées, parties rédigées sans IAG. Vous rendez visibles les apprentissages métacognitifs tout en protégeant la transparence exigée par le guide.

Questions fréquentes

Puis-je demander aux élèves d'utiliser une IAG pour un devoir noté ?

Oui, si l'usage est pédagogiquement pertinent, éthiquement balisé et conforme aux obligations légales (selon le guide). En évaluation, l'IAG « ne doit en aucun cas remplacer [le] jugement professionnel ». Indiquez précisément l'usage permis, exigez une validation explicite des réponses et aucune donnée personnelle n'est autorisée.

Comment documenter l'usage de l'IAG dans un travail d'élève ?

Le guide exige transparence et explicabilité : l'IAG n'est pas un auteur et son usage doit être mentionné, par exemple « Soutien à la reformulation avec un système d'IAG autorisé » (selon le guide). Demandez un court mémo décrivant les requêtes, les vérifications faites et les parties rédigées sans IAG.

Que faire si un texte semble généré par une IAG, mais que les détecteurs ne sont pas probants ?

Dans le milieu éducatif québécois, les détecteurs sont largement jugés peu fiables (voir notamment École branchée et le RÉCIT). Mieux vaut convoquer l'élève à expliquer, critiquer ou améliorer une réponse d'IA, et à retracer son processus. Le guide rappelle que le jugement professionnel demeure central et que l'évaluation doit vérifier la compréhension et le transfert.

Puis-je coller des observations d'élève ou des notes sensibles dans une IAG pour gagner du temps ?

En principe, non. Le guide demande de ne pas fournir d'information sensible ni de renseignements personnels à un système d'IAG, sauf avis contraire des responsables de l'organisme scolaire, et de considérer comme publique toute information dont on ne connaît pas les conditions d'utilisation. La Loi sur l'accès (A-2.1) s'applique au secteur public ; respectez vos politiques locales et la sécurité de l'information (G-1.03, citée par le guide).

Comment réduire l'empreinte écologique de mes activités avec l'IAG ?

Le principe de sobriété numérique invite à privilégier des outils non IAG si suffisants, à limiter le nombre de requêtes et, le cas échéant, à choisir des modèles d'IAG plus petits, à empreinte écologique moindre (selon le guide). Concevez des scénarios précis et courts, évitez les itérations superflues et capitalisez sur les apprentissages.

💡Pour aller plus loin

Sur le même thème sur laveille.ai : l'IA en éducation au Québec, utiliser l'IA pour étudier et notre méthodologie de veille. Pour recevoir nos prochains dossiers, abonnez-vous à l'infolettre.

Sources

  1. Québec, ministère de l'Éducation. (2026). L'utilisation pédagogique, éthique et légale de l'intelligence artificielle générative : guide destiné au personnel enseignant [fichier PDF, 22 p.]. cdn-contenu.quebec.ca. (source primaire)
  2. Québec. Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, RLRQ, chapitre A-2.1. LégisQuébec. Consulté le 21 août 2026, legisquebec.gouv.qc.ca. (source primaire)
  3. Québec. Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement, RLRQ, chapitre G-1.03. LégisQuébec. Consulté le 21 août 2026, legisquebec.gouv.qc.ca. (source primaire)
  4. Canada. Loi sur le droit d'auteur, L.R.C. (1985), ch. C-42. Ministère de la Justice du Canada. Consulté le 21 août 2026, laws-lois.justice.gc.ca. (source primaire)
  5. Obvia (Observatoire international sur les impacts sociétaux de l'IA et du numérique). (2025). Glossaire (définitions de « confabulation » et d'« agentivité » citées par le guide du MEQ). Consulté le 21 août 2026, obvia.ca. (source primaire, citée par le guide)
  6. École branchée et RÉCIT. (s.d.). Dossiers sur l'intelligence artificielle en éducation (éclairage terrain sur l'évaluation et l'intégrité). Consulté le 21 août 2026, ecolebranchee.com. (source complémentaire)
Stephane Lapointe

Je suis passionné d’IA et de technologies au Québec. J’ai fondé La veille, votre source d’information sur l’intelligence artificielle et bien plus.

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